10 janvier 2021

26. Mémoires Vives II - L'opinion d'un espion sur son pays - Edward Snowden

«Mémoires Vives» 


 

De Edward Snowden

aux Editions du Seuil (2019)

 

Les mémoires d’un lanceur d’alerte

 

Résumé & extraits

 

Vue la quantité et l’importance des faits contés et dénoncés le résumé du livre de Snowdon est traité en deux partie :

Première partie : Une vie d’espion

Deuxième partie : L’opinion d’un espion sur son pays & Pour échapper à la surveillance

 

Note liminaire à propos de cet ouvrage et tout ce qui y est consigné !

Ceci ne constitue pas un scoop et ça concerne les USA, mais il est bon de rappeler ces choses à l’heure où se profile la «nouvelle norme» d’un monde tout numérique et d’une multiplication des mesures de contrôle de la  population dans un pays qui imite souvent les USA depuis des décennies et de toute façon en subit l’influence.

 

Témoignage d’un officier au sein de la CIA qui a travaillé comme sous-traitant pour la NSA. Il a pris le risque de dénoncer, en 2013, le système de surveillance de masse auquel il avait participé. Il vit maintenant en exil.

 

Snowden est un lanceur d’alerte, mais qu’est-ce qu’un lanceur d’alerte ?

 

Un lanceur d'alerte est une personne qui révèle des éléments qu'il considère comme menaçants pour l'homme, pour la société ou l'environnement, parfois contre l'avis de sa hiérarchie, dans l'espoir d'y mettre un terme. Il ne vise pas quelqu’un en particulier comme le délateur, mais divulgue des faits qui menacent  l'intérêt public

 

 

Qui est Edward Snowden, l’auteur de ce ‘pavé dans la mare’

 

Très succinctement, Edward Joseph Snowden, né le 21 juin 1983 à Elizabeth City, en Caroline du Nord, est un lanceur d'alerte américain. Informaticien, ancien employé de la Central Intelligence Agency (CIA) et de la National Security Agency (NSA), il a révélé l'existence de plusieurs programmes de surveillance de masse américains et britanniques.

 

Ancien «espion de la Central Intelligence Agency (CIA) et de la National Security Agency (NSA). Première couverture: informaticien (ingénieur système) chez Dell, envoyé d’abord au Japon, puis à Hawaï «pour honorer un nouveau contrat avec la NSA» (en 2009), dans «un tunnel creusé sous un champ d’ananas...devant un terminal qui me donnait  un accès quasi illimité aux communications de n’importe qui ayant composé un numéro de téléphone ou pianoté sur un ordinateur. Parmi eux, il y avait les 320 millions d’Américains...quotidiennement épiés, en violation flagrante non seulement de la Constitution américaine mais aussi des valeurs fondamentales de toute société libre.»

 

 

Deuxième partie : L’opinion d’un espion américain sur son  pays, les USA 

& Pour échapper à la surveillance

 

 

Personnels concernés

 


«...ceux qui travaillent dans le secteur public, lequel passe de nos jours  pour un gouvernement parallèle. Ces fonctionnaires qui n’ont pas été élus ou désignés sont au service de l’État aussi bien dans les agences indépendantes telles que la CIA, la NSA, l’IRS (impôts) ou le FCC (télécommunications) que dans les divers ministères

 

«Au début des années 2000, Internet... incarnait... un endroit où tous ...étaient égaux, ...où l’on défendait la liberté ...Il n’allait pas tarder à être colonisé par les Etats et les intérêts privés qui cherchaient à le réguler pour accroître leurs pouvoirs et leurs profits…»

 

«Lorsque j’ai cessé de travailler dans le milieu du renseignement, je ne doutais pas une seconde que le ‘système d’exploitation’ de mon pays, autrement dit son gouvernement, avait décidé qu’il fonctionnait d’autant mieux qu’il était défectueux

 

«Le système constitutionnel fonctionne ...quand les 3 branches agissent comme prévu. Quand les 3 sont en défaut, en plus de manière délibérée et coordonnée, il en résulte une culture de l’impunité. J’avais été naïf  de croire que la Cour Suprême, le congrès ou le président Obama ...accepteraient de tenir la communauté des renseignements pour juridiquement responsable ...Ils ont hacké la Constitution

 

Internet, logiciels, processeurs, plateformes WEB, réseaux sociaux … tout est américain

 

«Il n’y a pas que l’infrastructure d’Internet qui soit essentiellement américaine, il y a aussi les logiciels (Microsoft, Google, Oracle), le hardware (Hewlett Packard, Apple, Dell) et tout le reste, depuis les puces (Intel, Qualcomm), les routeurs et les modems (Cisco, Junper) jusqu’aux services et aux plateformes web qui permettent d’échanger des e-mails, d’aller sur les réseaux sociaux et de stocker des données en ligne (Google, Facebook et Amazon, le dernier étant structurellement  le plus important, même si ça ne se voit pas, car il fournit des  services de ‘cloud’ au gouvernement américain et à la moitié d’Internet. Ces entreprises font peut-être dans certains cas fabriquer leur matériel en Chine, par exemple, elles n’en demeurent pas moins américaines, donc assujetties à la législation des USA ...elles sont aussi tributaires de décisions politiques américaines secrètes qui détournent la loi et autorisent le pouvoir à surveiller n’importe quel homme, femme ou enfant s’étant déjà servi d’un ordinateur ou d’un téléphone

 

«Le président G.W.Bush avait autorisé la NSA à multiplier les opérations de surveillance...à enregistrer les conversations téléphoniques ...sans mandat par la justice...à intercepter les e-mails entre les USA et les pays étrangers sans mandat...»

 

De Bush à Obama…

 

Après le tollé déclenché par les révélations du New York Times, «l’administration Bush avait alors déclaré que ce programme (PSP : Programme de Surveillance du Président) prendrait fin en 2007 mais c’était une vaste blague. Le Congrès a passé les 2 dernières années du mandat de Bush à voter des lois qui justifiaient rétroactivement le PSP...Cette législation, le Protect America Act de 2007, employait délibérément un langage équivoque pour faire croire aux Américains que leurs communications n’étaient pas visées, alors même que la loi élargissait le champ d’application du PSP. La NSA pouvait désormais intercepter les conversations téléphoniques et les e-mails émanant de l’intérieur du pays.»

 

«...alors que les agissement de la NSA pendant l’ère Bush auraient dû faire l’objet d’une enquête parlementaire... Obama (a) refusé de lancer une telle enquête... signe pour moi que le nouveau président avait décidé de fermer les yeux sur le passé... son administration se contentait de redorer l’image du PSP…»

 

Un jour en faisant des courses un vendeur lui propose un frigo relié à internet.   


«A quoi bon me mettre dans tous mes états concernant la surveillance... par le pouvoir si mes amis, mes voisins, mes concitoyens ne demandaient qu’à inviter les grosses sociétés à épier chez eux... Nous n’avions plus que 5 ans à attendre avant la révolution domotique, avant l’arrivée dans les chambres à coucher des ‘assistants virtuels’ tels qu’Amazon Echo et Google Home...prêts à enregistrer et à transmettre toutes les activités pratiquées à portée, consignant les habitudes et les préférences (sans oublier les fétiches et obsessions) avant qu’elles ne soient converties en algorithmes publicitaires et transformées en cash

 

«La surveillance des grandes entreprises transformait le consommateur en produit qu ‘elles vendaient à des homologues, des courtiers et des annonceurs.»

 

Parlons « cloud »

 

Pendant ce temps, toutes les grosses sociétés d’informatiques ...lançaient des versions grand public de ‘cloud’,  mode de stockage  sophistiqué et ‘gratuit’ ou ‘bon marché’  auquel tout le monde pourrait avoir accès sans se demander pour quelle raison.  Je ne crois pas avoir jamais vu auparavant un concept remporter un tel succès. Ce ‘cloud’, Dell le vendait à la CIA ou bien aidait Amazon,  Apple et Google à le fournir à leurs utilisateurs… Ce ‘cloud’ n’est autre qu’un dispositif de stockage ...sur une gamme de serveurs différents que diverses sociétés privées sont en droit d’acquérir et de faire fonctionner. Résultat, vos données ...sont contrôlées par des entreprises qui peuvent s’en servir pour n’importe quoi ...et les entreprises du ‘cloud ‘ sont libres de garder ou supprimer les données confiées suivant que ça leur plaît ou non ...données  perdues à jamais si l’on n’a pas conservé un double sur notre propre ordinateur ou disque dur ...Si certaines de nos données dérangent... les entreprises du ‘cloud‘ peuvent fermer notre compte et refuser de nous laisser consulter nos données tout en en conservant un double dans leurs archives, qu’il leur est possible de remettre aux autorités sans  nous avertir, ni nous demander notre autorisation»

 

 

Pour échapper à la surveillance : Le projet TOR

 


«Le projet TOR avait été mis au point par l’État et était devenu l’une des protections les plus efficaces contre la surveillance étatique. Il s’agit d’un logiciel open source gratuit qui, utilisé avec précaution, permet aux utilisateurs de naviguer sur Internet de façon anonyme ….Il a été mis à la disposition du grand public en 2003 ….TOR obéit à un modèle coopératif communautaire fondé sur le savoir-faire de bénévoles utilisant depuis leur cave, garage ou grenier, leurs propres serveurs TOR ….Le premier serveur de la chaîne, le seul qui connaisse vraiment l’origine du trafic ne sait pas vers où ce trafic se dirige... ()  le 1er serveur TOR qui vous connecte au réseau TOR (le portail) ignore ce que vous voulez voir (ou apprendre) et le dernier serveur qui reçoit votre requête (la sortie) sait ce qu’on lui demande mais ignore qui le lui demande...ce système (est) le ‘routage en oignon’, TOR est l’acronyme de The Onion Router.. Voilà l’ironie du projet : il s’agit d’une  technologie mise au point par les militaires américains qui facilite et complique en même temps la tâche des spécialistes du cyber-renseignement ...il protège l’anonymat des membres du service secret ...de même que  tous ceux qui utilisent ce réseau dans le monde. En ce sens, TOR est plus neutre que la Suisse ...TOR m’a ramené à l’Internet de mon enfance en me donnant la liberté de ne pas être épié

 

Snowden explique que son «livre a été écrit en utilisant un  des logiciels  libres  open source». Il remercie « le projet Qubes, le projet TOR et la Free Software Foundation

 

 

 

 

25.Mémoires Vives I : La vie d'un espion appelé Edward Snowden

 

«Mémoires Vives» 


 Edward Snowden

aux Editions du Seuil (2019)

Les mémoires d’un lanceur d’alerte

 

Résumé & extraits

 

Vue la quantité et l’importance des faits contés et dénoncés le résumé du livre de Snowdon est traité en deux partie :

Première partie : Une vie d’espion

Deuxième partie : L’opinion d’un espion sur son pays & Pour échapper à la surveillance

 

Note liminaire à propos de cet ouvrage et tout ce qui y est consigné !

Ceci ne constitue pas un scoop et ça concerne les USA, mais il est bon de rappeler ces choses à l’heure où se profile la «nouvelle norme» d’un monde tout numérique et d’une multiplication des mesures de contrôle de la  population dans un pays qui imite souvent les USA depuis des décennies et de toute façon en subit l’influence.

 

 

Témoignage d’un officier au sein de la CIA qui a travaillé comme sous-traitant pour la NSA. Il a pris le risque de dénoncer, en 2013, le système de surveillance de masse auquel il avait participé. Il vit maintenant en exil.

 

Snowden est un lanceur d’alerte donc, qu’est-ce qu’un lanceur d’alerte ?

 

Un lanceur d'alerte est une personne qui révèle des éléments qu'il considère comme menaçants pour l'homme, pour la société ou l'environnement, parfois contre l'avis de sa hiérarchie, dans l'espoir d'y mettre un terme. Il ne vise pas quelqu’un en particulier comme le délateur, mais divulgue des faits qui menacent  l'intérêt public

 

 

Qui est Edward Snowden, l’auteur de ce ‘pavé dans la mare’

 

Très succinctement, Edward Joseph Snowden, né le 21 juin 1983 à Elizabeth City, en Caroline du Nord, est un lanceur d'alerte américain. Informaticien, ancien employé de la Central Intelligence Agency (CIA) et de la National Security Agency (NSA), il a révélé l'existence de plusieurs programmes de surveillance de masse américains et britanniques.

 

 

Ancien «espion de la Central Intelligence Agency (CIA) et de la National Security Agency (NSA). Première couverture: informaticien (ingénieur système) chez Dell, envoyé d’abord au Japon, puis à Hawaï «pour honorer un nouveau contrat avec la NSA» (en 2009), dans «un tunnel creusé sous un champ d’ananas...devant un terminal qui me donnait  un accès quasi illimité aux communications de n’importe qui ayant composé un numéro de téléphone ou pianoté sur un ordinateur. Parmi eux, il y avait les 320 millions d’Américains...quotidiennement épiés, en violation flagrante non seulement de la Constitution américaine mais aussi des valeurs fondamentales de toute société libre.»

 

 

Première partie : Une vie d’espion

 

«Si vous lisez cet ouvrage, c’est que j’ai fait quelque chose de  dangereux dans la position qui était la mienne: j’ai  décidé de dire la vérité. J’ai rassemblé des documents internes montrant que les services de renseignements violaient la loi, puis les ai remis à des journalistes qui les ont épluchés avant de les publier, ce qui a crée un scandale mondial.»

 

Ancien «espion de la Central Intelligence Agency (CIA) et de la National Security Agency (NSA).

 

Première couverture : informaticien (ingénieur système) chez Dell, envoyé d’abord au Japon, puis à Hawaï «pour honorer un nouveau contrat avec la NSA» (en 2009), dans «un tunnel creusé sous un champ d’ananas ...devant un terminal qui me donnait  un accès quasi illimité aux communications de n’importe qui ayant composé un numéro de téléphone ou pianoté sur un ordinateur. Parmi eux, il y avait les 320 millions d’Américains ...quotidiennement épiés, en violation flagrante non seulement de la Constitution américaine mais aussi des valeurs fondamentales de toute société libre

 

Documents remis aux journalistes

 

«Entre autres documents que j’ai remis aux journalistes figurait le ‘budget noir’ de 2013 …:un budget secret dont 68%, soit 52,6 milliards de dollars, étaient affectés aux services de renseignement ...Et encore, ce chiffre ne prend pas en compte les dizaines de milliers de personnes supplémentaires employées par des sociétés privées ayant des contrats de sous-traitance ...Aux USA, le travail de renseignement incombe aussi fréquemment à des employés du privé qu’à des fonctionnaires ….Quand on est contractuel pour la sécurité nationale ...on se retrouve souvent en poste dans les locaux d’un service de renseignement tandis que sur le papier, on bosse pour Dell, Loockheed Martin ou une de ces petites boîtes souvent rachetées par les mêmes que je viens de citer

 

Comment vit un espion

 

«Le NHB, immeuble ...discret dans lequel vont travailler la plupart des employés de la CIA... ’Nous voilà dans les entrailles de l’État profond’ a dit n type pour plaisanter...Il n’y avait là que des informaticiens ...La première étape …intitulée ‘endoctrinement’ visait à nous faire comprendre que nous étions l’élite, des gens ...que l’on avait choisi pour être informés de secrets d’état et de vérités que le reste du pays, y compris parfois le Congrès et les tribunaux, étaient incapables de gérer ….Ca peu monter à la tête...Sans compter que l’on a... l’obligation de mentir, de cacher et de dissimuler

 

«Mon équipe ...et notre mission consistait à gérer ...l’immense majorité des serveurs-relais de la CIA existant aux USA ...Mon habilitation de sécurité top secrète m’avait permis d’avoir accès à plusieurs sortes d’informations ’cloisonnées’...(SIGINT, HUMINT,  COMSEC) ...je connaissais les clés de chiffrage ...les codes ...considérés comme les secrets les plus importants, puisque ce sont eux qui protègent tous les autres

 

«A la CIA ...il faut accepter d’être surveillé ...ça fait partie du métier.»

 

«A la CIA ...il faut accepter d’être surveillé ...ça fait partie du métier

«Après 9 mois comme administrateur système, j’ai postulé à la CIA pour travailler à l’étranger et j’ai vite été pris …..Nouveau fonctionnaire ...j’ai reçu l’ordre de me rendre ...au centre de formation de Warrenton ...c’est là que le Département d’État forme ses ingénieurs informatiques...On y apprenait des choses classées secret-défense qui sortaient de l’ordinaire..

«Il s’agissait de former des gens polyvalents...Ces agents secrets...travaillent la plupart du temps à l’étranger  au sein des missions, des consulats et des ambassades américaines...»

 

«La CIA est le principal service de renseignement américain consacré au renseignement d’origine humaine (HUMINT) autrement dit le recueil clandestin d’infos par le biais de contacts humains, en tête à tête ...Les agents traitants...n’appréciaient pas que se développe le renseignement d’origine électromagnétique (SIGINT) autrement dit  le renseignement furtif par le biais de l’interception de communications qui ...leur volait la vedette.»

 

Genève, cœur de l’Europe, plaque tournante de la finance mondiale

 

«Genève était au cœur de cette transition en raison des cibles de choix ...dans la ville: Office des Nations Unies, agences spécialisées de l’ONU, une multitude d’ONG, ...l’Agence  internationale de l’énergie atomique, chargée de promouvoir le nucléaire et de définir les normes de sécurité des armes nucléaires, l’Union internationale des télécommunications ...l’OMC ...Genève jouait enfin un rôle capital dans... la finance privée ...Le secteur bancaire était ...passé au numérique. Maintenant que les secrets les mieux gardés étaient archivés sur des ordinateurs très souvent connectés à Internet, il était logique que les services secrets américains veuillent en profiter

 

«Genève prospérait ...les banques suisses ...n’ont pas hésité à planquer l’argent de ceux qui avaient profité (du Krach) et n’ont jamais eu de compte à rendre à ce sujet. La crise de 2008 ...m’a permis de comprendre que ce qui a des conséquences tragiques pour la population peut servir les intérêts des élites ...Le gouvernement américain allait m’en donner à maintes reprises la confirmation dans les années suivantes

 

Début de la prise de conscience de Snowden

 

«C’est une banale conférence qui m’a ouvert les yeux ...sur l’étendue des agissements de la NSA

 

«Le principe fondamentale du progrès technologique : si quelque chose peut être fait, il le sera sans doute, et peut-être même l’a-t-il déjà été. Il était impossible pour les américains d’en savoir autant sur les agissements (mesures pour museler Internet) des Chinois sans en avoir fait eux-mêmes l’expérience ...Le comportement public du pouvoir chinois envers son peuple correspondait peut-être à l’attitude que les Américains avaient ou pouvaient avoir secrètement envers le reste du monde

 

«Ce mystérieux rapport confidentiel ...inaccessible aux dirigeants des services secrets eux-mêmes ...classé parmi les documents relevant des ‘informations soumises à un contrôle exceptionnel’ ...en raison du poste que j’occupais ...atterrit sur mon bureau ...par erreur ...Il contenait tout ce dont les journalistes n’avaient pas parlé, tout ce que la procédure judiciaire... avait nié : un exposé des programmes de surveillance les plus secrets de la NSA ainsi que les directives données et la ligne stratégique du ministère de la justice pour contourner la loi et violer la Constitution américaine ...Il décrivait des manœuvres si foncièrement criminelles qu’aucun gouvernement ne pouvait le rendre public sans l’expurger au préalable

 

Prise de conscience de l’existence de versions différentes des documents

 

Donc «la version non classifiée que j’avais lue n’était pas une révision de la version classifiée, comme c’était le cas habituellement. C’était un texte complètement différent, un tissu de mensonge quand on le comparait au au rapport classifié. La duplicité était stupéfiante ...La version classifiée révélait la nature et l’ampleur de la surveillance de masse

 

«...ça m’affligeait de me dire que nous avions tous été infantilisés et que désormais nous devrions être soumis notre vie entière à une autorité omnisciente. J’avais l’impression d ‘être un imposteur ...j’avais participé ...à ce système dont l’objectif m’échappait

 

«A ma connaissance les seuls pays qui avaient déjà pratiqué la surveillance de masse étaient ...l’Allemagne nazie ….l’Union Soviétique, cette surveillance de masse a d’abord revêtu l’aspect anodin d’un recensement...» (1926 en US, 1939 en Allemagne).

 

«Le recensement nazi...bénéficiait de l’assistance informatique...avec une succursale d’IBM ... (cartes perforées et une sorte de calculateur analogique

 

La surveillance de masse

 

«Aujourd’hui un smartphone ordinaire possède des capacités de calcul plus importantes que celles ...des machines de guerre du 3ème Reich et de l’Union Soviétiques réunies…; La surveillance de masse s’apparente... à un recensement en continu et qui est considérablement plus dangereux que n’importe quel questionnaire envoyé par la poste… Nos appareils ...se souviennent de tout et ne pardonnent rien…» 

 

Où les nouvelles technologies nous mènent-elles ?

 

«C’est au japon que … j’ai compris où ces nouvelles technologies étaient en train de nous mener. Si les gens de ma génération n’intervenaient pas, ça s’aggraverait...Les générations à venir seraient alors obligées de composer avec un monde dans lequel la surveillance serait ...une réalité de tout les instants obéissant à une logique aveugle… Une fois que l’omniprésence de la collecte serait associée à la permanence de l’archivage, les gouvernements n’auraient plus qu’à choisir une personne ou un groupe pour les accuser et chercher des preuves opportunes, tout comme je le faisais, quand je cherchais dans les fichiers de l’agence

 

«En 2011, j’étais de retour aux USA. Je travaillais toujours officiellement pour Dell mais dépendait désormais de ...la CIA

 

Des données privées qui sont …publiques !

 

«Les données des utilisateurs (de Google, Facebook et Amazon)  étaient pillées sans complexe par le gouvernement

 

«Dès 2011 je voyais clairement vers quoi l’informatique se dirigeait, sans que cela ne donne lieu à un débat public digne de ce nom ...Les excès ...laissaient présager un avenir effrayant ...La justice ...confinerait à l’injustice ...parce qu’il faudrait  appliquer les lois à la lettre ...dans un monde où chacun de nous serait un délinquant

 

Le terrorisme comme alibi de la surveillance générale

 

«Le terrorisme était bien entendu invoqué pour justifier ...la plupart des programmes de surveillance ...Il s’est toutefois avéré que le véritable terrorisme était précisément cette peur, cette peur instillée par un système politique prêt à user de n’importe quel prétexte pour autoriser l’usage de la force ...Au terme d’une décennie de surveillance de masse, l’informatique a prouvé qu‘elle servait davantage à brider la liberté qu’à lutter contre le terrorisme

 

Et la vie privé ?

 

«Ne pas revendiquer le droit d’avoir une vie privée revient à l’abandonner à une autorité politique qui s’affranchit des limites imposées par la Constitution, ou à une entreprise ’privée’ ...Nos libertés sont solidaires et renoncer à notre vie privée, c’est renoncer à celle de tout le monde.»

 

«Prétendre que vous n’accordez aucune importance au concept de vie privée parce que vous n’avez rien à cacher n’est pas très différent que d’affirmer que vous n’avez que faire de la liberté d’expression parce que vous n’avez rien à dire, ou que la liberté de culte vous indiffère puisque vous ne croyez pas en Dieu, ou encore que vous vous moquez de la liberté de réunion parce que vous êtes agoraphobe, paresseux et antisocial...»

 

«Dans les organisations comme la NSA, où la malfaisance est devenue si structurelle... qu’elle est bien le fruit d’une idéologie, les ‘canaux habituels’ sont destinés à devenir des pièges pour identifier les hérétiques et les tièdes

 

Snowden énumère des fuites, des divulgations diverses organisées par des administrations ou les  services de renseignements quand ça les arrange. Il y a donc «deux poids deux mesures avec lequel l’État aborde la question du secret...»

 

Lanceur d’alerte, je suis, lanceur d’alerte je reste…

 

«Un ‘lanceur d’alerte’, selon moi, ...divulgue des informations pour qu’une pression publique s’exerce sur l’institution en question... (afin de) la réformer

 

«Mes collègues ...n’étaient pas aveugles aux abus, ils éprouvaient peu de curiosité à leur égard et cette absence de curiosité les rendait ...tragiques ...Une fois dans la machine, ils devenaient eux-mêmes des  machines.»

 

WikiLeaks…

 

«Le forum de choix de tout lanceur d’alerte était sans contexte WikiLeaks ...(qui) collaborait avec les plus grands journaux internationaux...»

 

«Les pratiques de WikiLeaks ont changé après les révélations de la soldate américaine Chelsea Manning ...à la suite des représailles du gouvernement et de la controverse suscitée par l’éditorialisation …, par WikiLeaks, du matériau transmis par Manning

 

Mais la nouvelle  transparence totale de WikiLeaks devenait dangereuse pour Snowden car elle aurait permis son identification immédiate avant qu’il puisse se mettre à l’abri.

 

Le 'crime' de Snowden : dire la vérité

 

Snowden raconte ensuite ses stratégies d’interception de documents, de transfert et de divulgation des informations secrètes et, enfin, sa fuite hors de son pays.

Les circonstances, en particulier le fait que les USA invalident son passeport au cours de sa fuite, l’obligeront à rester en Russie qui l’accepte, pour finir,  bien qu’il ait refusé de travailler pour le gouvernement russe.

 

Il dit également qui l’a aidé et comment.

 

Il est toujours en exil et sa compagne a pu le rejoindre à Moscou.

 

 

Note :  

Chelsea Manning fut condamnée à 35 ans de prison pour avoir exposé les crimes de guerre américains. Mais elle n’en purgea que 7 puis fut graciée suite au scandale international provoqué par les traitements qu’elle reçut en isolement.

 

 

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