14 avril 2021

50.Comprendre le nouvel ordre mondial. Valérie Bugault

 

«La Finance internationale. 

Un nouvel ordre qui dirige le monde»

 


par Valérie BUGAULT[1]

dans la revue NEXUS n°131

 

«Le système monétaire et financier... a en grande partie dépossédé les citoyens de leurs prérogatives de gouvernement. Ce ne sont plus les États qui dirigent, mais les banques centrales... Le nouvel ordre mondial voit ainsi la caste des banquiers commerçants, désormais dotée d’un pouvoir quasi absolu.

 

Tout le système politique n’est qu’une illusion... « démocratique’’ qui nous a collectivement amenés au niveau zéro de la civilisation. Les grands financiers internationaux ont déclaré une guerre, d’abord larvée, et aujourd’hui ouverte, aux différents peuples...

 

La croisade des  banquiers commerçants pour s’emparer du pouvoir mondial est en passe de devenir une réalité tangible.»[2]

 

 

«La pandémie mondiale agit comme un accélérateur de fusion monétaire par l’effondrement des économies à la fois locales et mondiales, provoqué par le confinement brutal et radical de pays entiers… L’effondrement économique...engendrera, de façon mécanique, la disparition de la plupart des banques. Ces banques en faillite, après avoir ponctionné les comptes de leurs clients (bail-in), ...fusionneront ...avec les plus grosses d’entre elles. Ces nouveaux conglomérats bancaires monopolistiques disposeront dès lors de marges de manœuvres ... pour piloter le grand ’reset monétaire' ’’.»

 

Depuis  Bretton Woods, les banquiers globalistes veulent imposer une monnaie mondiale qu’ils contrôleront… Le contrôle technologique constituera la prochaine marche, tout autant que l’échéance ultime, de la domination bancaire absolue. C’est dans ce cadre que s’inscrit le brevet déposé par Microsoft en Juin 2019, consistant à lier l’émission monétaire ...à l’existence d’une activité corporelle particulière prédéterminée... Ce processus ...parachèvera la volonté de domination des banquiers en réinventant une forme définitive et radicale d’esclavagisme dans laquelle la vie personnelle et collective des individus sera dépendante de leur obéissance aux ordres de ceux qui contrôleront les crypto-monnaies utilisées…

 

Dans ce modèle de société, antithèse d’une civilisation, toute forme de vie est instrumentalisée pour servir à la pérennité des dominants : ainsi, les humains dominés serviront, sur le modèle actuel des trafics d’organes et de matériaux humains (fœtus…), de ‘’pièces de rechange’’ aux futurs humanoïdes dominants...»

 

 

 

Commentaire personnel :

Valérie Bugault signe également sur Etat Profond n° 2, d'automne 2020, un article sur le même sujet.

De cette même auteure, dans ce blog, lire aussi : article n° 15. Les raisons cachées du désordre mondial. Valérie Bugault.

 

Notre gouvernement Macron vient de faire  passer en catimini une loi dans le cadre de la Bioéthique qui autorise les embryons transgéniques et les créations de chimères et autorise l’IMG à 9 mois pour détresse psychosociale (dans la nuit du 31 juillet au 1er août, par 60 voix contre 37 !!!!! – cf. article de Estelle Brattesani, Nexus n° 131, p. 8).

 

[Lire à ce sujet connexe le « Communiqué sur le projet de Loi de bioéthique » de la Conférence des Evêques de France : https://freres-saint-jean.fr/wp-content/uploads/sites/3/2020/07/2020-07-20-cp-rvision-lois-biothique.pdf ]

 

Ce même gouvernement qui a interdit l’accès aux soins aux Français (interdiction du protocole Raoult) avant de créer artificiellement les raisons d’un confinement qui détruit les individus les plus fragiles et le tissu social (cf. mon résumé d’ « Autopsie d’un confinement aveugle »).

 

Jeanne

 

 



[1] Valérie BUGAULT, docteur en droit privé de l’université Panthéon-Sorbonne. Analyste de géopolitique et auteur de quatre ouvrages aux Editions Sigest.

 

[2] Valérie Bugault (Valérie BUGAULT, docteur en droit de l’université Paris-Panthéon-Sorbonne, ancienne avocate fiscaliste, auteure de plusieurs ouvrages, enquêtrice de phénomènes géopolitiques.) dans «Les raisons cachées du chaos mondial» (2019  (dont un très succinct résumé - cf article 15 - a été publié dans ce même blog) développe et explique en détail ces affirmations après une enquête de plusieurs années.


06 avril 2021

49.Comprendre les émotions - Luc Nicon

«Comprendre ses émotions.

Identification des peurs inconscientes»

 


Luc NiCON[1]

 

Editions Emotion Forte

 

Dédié « à toutes les personnes qui souffrent émotionnellement, à leur entourage et aux thérapeutes qui tentent de les aider. »

 

« Nos émotions sont faites de sensations physiques. Lorsque ces sensations sont agréables, tout va bien. Lorsque nous nous sentons mal, c'est que nos peurs viennent contrarier nos envies, nos plaisirs. Si ces peurs sont conscientes, nous les prenons en charge et nous les surmontons. Malheureusement, la plupart de nos peurs sont inconscientes. Et ce sont elles qui conditionnent le plus fortement nos relations aux autres et, plus généralement, notre personnalité. Comment repérer ces peurs ? La question est d'autant plus importante que la majorité d'entre elles cessent d'agir dès que nous les identifions. Cette identification se heurte principalement au mode d'exploration que nous adoptons pour aller à leur rencontre. Dans la plupart des cas, c'est intellectuellement que nous tentons de comprendre nos difficultés alors que seules nos sensations peuvent nous conduire directement et avec précision à nos peurs." Cette approche novatrice, à la fois scientifique et philosophique de nos émotions, offre à chacun une meilleure compréhension de son comportement personnel et la possibilité de réparer, par lui-même, la plupart de ses blessures émotionnelles. Elle apporte également une réflexion stimulante aux chercheurs en sciences humaines et un outil simple à intégrer à la pratique quotidienne des éducateurs, des formateurs, du milieu médical et des thérapeutes. Cet ouvrage S'adresse à tous car tous nous avons plus ou moins des problèmes émotionnels qui interfère avec notre capacité de relation et la qualité de notre relationnel » (Quatrième de couverture)

 

L'auteur montre dans cet ouvrage comment identifier ses peurs inconscientes, celles  qui, malgré nous et contre nous,  modifient la qualité de nos relations quelles qu'elles soient.

Cette introspection est  particulièrement utile en ce moment de déstabilisation psychologique due au Covid-19 et au stress auquel nous sommes soumis à cause des décisions et incohérences gouvernementales, qui met la plupart des gens dans des états émotionnels inconfortables voire nuisibles.

 

Luc Nicon est expert en pédagogie de l’apprentissage et en communication comportementale.

Luc Nicon a fait cette recherche sur les émotions pour des raisons pédagogiques : il voulait aider à résoudre des problèmes d’apprentissage incompréhensibles qui résistaient aux diverses approches pédagogiques. Dans cet ouvrage il commence par distinguer les émotions des sentiments.

 

Luc Nicon cite alors quelques émotions, celles de base parmi les 500 répertoriées par J. R.A. Verill : joie, tristesse, peur, colère, surprise, angoisse, dégoût, mépris, intérêt, honte, culpabilité.

 

Ce qu’il nomme émotion se manifeste par une sensation physique particulière, manifestation concrète et descriptible, agréables ou désagréables, différentes d’une personne à une autre pour la même émotion. Ce qu’il nomme sentiment est l’étiquette collée à l’émotion ressentie, c’est le sens donné, intellectuellement, au ressenti. Le type d’association entre le sentiment et l’émotion est personnel et diverge selon les individus.

 

Les nouvelles informations que nous percevons, sont confrontées à l’ensemble de notre vécu et donc aux événements de notre passé, consciemment ou inconsciemment, et provoquent des réactions émotionnelles plaisantes ou déplaisantes selon le souvenir, conscient ou non, conservé des expériences passées.

 

De cette confrontation aux expériences passées, des réactions diverses vont nous rendre serein ou méfiant, à l’aise ou fuyant, inhibé ou agressif. La qualité de nos émotions va conditionner nos actes. Et une émotion est toujours soit agréable, soit désagréable. Quand c’est agréable on ne se pose pas de question. Quand c’est désagréable nous essayons de nous aider en relativisant ou en positivant et souvent cela nous amène à nous poser des questions sur l’origine de ce désagrément.

 

L’auteur pense que c’est souvent impossible de retrouver le traumatisme ou la situation d’origine et de plus pas vraiment nécessaire. Ce qui est efficace, pour lui, c’est d’identifier l’émotion à l’origine de la réaction désagréable ou qui pose problème. Il écrit que la plupart de nos difficultés comportementales physiques ou psychologiques sont générées par nos peurs dont nous n’avons pas forcément conscience. Nos peurs engendrent des souffrances morales et aussi parfois des souffrances physiques.

 

Nous nous focalisons en général sur la gêne produite mais c’est ce qui la produit qu’il faut reconnaître. L’identification de la peur qui provoque un blocage psychologique suffit la plupart du temps à résoudre le problème émotionnel. Il cite divers exemples de résolutions d’un problème après identification de l’émotion responsable de l’inconfort psychologique ou physique.

 

Ensuite il traite essentiellement le sujet de la peur

 

D’où viennent-elles ? D’une expérimentation  malheureuse personnelle ou bien  transmises culturellement par notre famille ou notre société. Souvent les réactions excessives des parents sont en cause. Il relate divers témoignage dans lesquels sont décrit les situations, les comportements et réactions émotionnelles et les types d’inconfort ou de douleurs physiques et à chaque fois une peur ou des peurs sont la cause du ou des problèmes.

 

Il explique comment il procède dans les situations où il cherche à apporter une aide :

En général il utilise sa faculté d’analyse et son imagination. Dans l’analyse il décortique tous les éléments à sa disposition, il répertorie par écrit puis structure mentalement les données récoltées. Parfois il symbolise certains éléments. Il imagine plusieurs scénarios possibles, les compare et choisis le plus cohérent, le plus vraisemblable. En fait « je me laisse imposer la solution », dit-il.

 

Il compte sur son intuition qui finit par lui faire voir ce qu’il faut faire. L’analyse et l’intuition sont toute deux indispensables et complémentaires. Mais pour identifier la peur c’est l’imagination et l’intuition qui font gagner en temps et en efficacité. 

 

Pour répondre à la question « De quoi ai-je peur ? », c’est l’analyse spontanément qui se manifeste d’abord, disséquer, raisonner, intellectualiser pour trouver une réponse logique. Mais les peurs sont irrationnelles et n’obéissent à aucune règle. Donc souvent l’explication intellectuellement acceptable n’est pas l’identification de la peur réelle en cause. Dans l’analyse nous nous coupons de nos émotions qui sont la matière première de la peur. Mais on ne peut pas non plus arrêter de réfléchir pour juste imaginer, c’est pourquoi il faut un certain entraînement et c’est l’objet de TIPI (Technique d’Identification des Peurs Irrationnelles)

 

D’abord il faut accepter l’introspection, à la recherche de ses propres peurs. Puis savoir que nos réactions se répartissent en 4 familles distinctes.

 

Les 4 attitudes qui signalent un état de peur :

 

1- La fuite, le moyen le plus efficace dans beaucoup de situations quand on a peur. Sauf quand on ne sait pas de quoi on a peur.

 

2- L’inhibition, la réaction émotionnelle souvent la moins favorable. (Sauf dans certains cas particuliers où le cerveau déconnecte le système nerveux lorsque la peur ou la douleur est insupportable.) Cet état d’inhibition est le pire pour comprendre le ressenti sans aide extérieure.

 

3- L’agressivité, un exutoire si on est déjà stressé, donc sous l’emprise d’une peur.

 

4- la prise de pouvoir, est une réaction à une peur consciente ou inconsciente, plus que le fait d’une personne volontaire et sûre d’elle. La prise de pouvoir pour se rassurer peut déboucher sur l’épuisement improductif si la peur est inconsciente.

 

L’auteur choisit un même témoignage de comportements face à la peur, pour montrer qu’une même personne, à partir d’une même peur, peut aboutir à des réponses comportementales différentes selon les situations.

 

Il met à part le trac qui donne une sensation de vide, d’absence mais ne stresse pas à la différence de la peur. Le trac arrive quand l’issue d’une situation importante est incertaine. Il met en éveil pour préparer à vivre une situation particulière et disparaît au moment de passer à l’action.

 

Ce sont les souvenirs de mauvaises expériences qui peu à peu réduisent notre envie de choses nouvelles ou nous mettent sur la défensive et nous privent de plaisirs. Mais quand nous sommes en confiance le stress nous laisse en paix. Confrontés à des situations nouvelles nous sommes soit en état de défense, soit en ouverture. Mais que ce soit peur ou plaisir, il est bon de faire le tri même pour les désirs et plaisirs. Car là aussi il peut y avoir confusion entre l’envie et la peur.

 

Parfois l’envie d’une chose cache la peur d’une autre chose. Le compromis, le choix, la passion, l’illusion sont illustrés dans des témoignages qui  montrent que nous pouvons nous leurrer afin d’accepter ce que nos peurs nous obligent à vivre. Pour s’assurer de l’authenticité de nos plaisirs il est nécessaire d’identifier leur source.

 

T.I.P.I. en pratique :

 

Pour identifier ses peurs et ainsi les désamorcer, la difficulté majeure est de ne pas analyser. L’incompatibilité entre la capacité d’analyse et le ressenti oblige à passer par l’imagination. Imaginer c’est voir des images sur son « écran intérieur ». Tout le monde est capable de visualiser.

 

«Si vous ne voyez rien c’est que vous analysez», dit Luc Nicon. Il faut aussi veiller à être le plus détendu possible car le stress amoindrit les facultés intellectuelles et la mémoire.

 

Et la mémoire est le carburant essentiel de l’imagination

 

L’auteur nous propose un exercice d’imagination à condition que l’on soit détendu:

Par exemple penser faire un cadeau à l’un de ses proches. Au lieu de réfléchir à ce qui lui ferait plaisir, en imagination le questionner comme s’il était face à nous. Lui parler, le regarder, l’entendre répondre en le voyant en image. En général sa demande de cadeau est souvent différente de ce que nous lui aurions offert en réfléchissant.

 

Autre exercice pour s’entraîner : laisser une image s’imposer en synthèse de 3 mots choisis au hasard. Par exemple avec les mots « bleu/ aigu/ ridicule.» ll peut venir l’image d’une cantatrice boudinée dans une robe bleu qui s’acharne en vain sur une mélodie aiguë… Ou bien une petite table -robot bleue aux formes agressives se déplaçant maladroitement à l’aide de ses pieds articulés.

 

« Je ne sais pas pourquoi j’imagine cela et je me contente de regarder ces images et de les laisser évoluer, » dit Luc Nicon.

 

Il propose de faire l’expérience des associations : froid/agressif/énorme ; cocasse/rond/léger ; eau/silence/doute ; impatient/vif/fragile ; chance/feu/loin ; cuir/rouge/désert ; rugueux/désert/fier ; silence/chance/fragile…

 

Ensuite s ‘aventurer dans des images plus intimes : les jouets qui nous restent en mémoire ; nos vacances les plus sympa ; notre meilleur ami ; une personne que nous n’apprécions pas ; l’événement qui nous a fait le plus rire ; etc.

Laisser défiler les images sans en censurer aucune.

 

De quoi avez-vous peur ? Si vous êtes détendu et capable de visualisez tote sortes d’images, alors vous êtes prêt pour une première expédition. Choisir une situation parmi les 4 réactions à la peur : vous avez fui, vous avez été agressif, vous avez pris ou tenté de prendre le pouvoir, vous êtes resté inhibé, incapable de réagir.

 

On peut prendre aussi partir d’un malaise ou mal-être mais dans une situation précise, concrète, significative, pour illustrer son ressenti. L’auteur conseille d’opter pour la situation que l’on a le plus envie de désamorcer. Revivez la situation en images et laisser les émotions vous envahir. Se contenter de voir et ressentir.

 

Prendre son temps. Puis se demander de quoi on a peur et laisser venir toutes les images qui s’imposent. C’est le moment le plus difficile, celui de ne pas réfléchir, de ne pas reprendre le contrôle de ce qui se passe dans sa tête. Ne pas censurer ce qui semble stupide ou qui ce qui semble n’avoir  aucun rapport. Puis une image ou un groupe d’images va provoquer une émotion forte, chaleur, tremblement, sanglots. Laissez-vous aller car c’est le signe que la peur est identifiée. A l’instant de la réaction émotionnelle, la peur est vue et peut être nommée, même si on n’en discerne pas l’origine.

 

Si aucun bouleversement physique ne se produit en visualisant les images qui se présentent il faut rechercher une situation de départ similaire mais plus ancienne, remonter jusqu’à la première fois qui revient en mémoire.

 

Si après quelques images c’est le vide dans la tête, incapable de réfléchir et sans plus d’image c’est que vous n’êtes pas prêt à voir votre peur. Sa révélation serait trop perturbante. C’est une protection naturelle. Mais cela n’empêche pas d’aborder d’autres situations et d’autres peurs.

 

Si pas de blocage mais pas de résultat : trop de réflexion ou pas envie de savoir.  Pas envie de se remettre en question ou pas le moment, encore trop fragile ou pas trop gêné par la situation et pas assez motivé

 

Quand la peur est identifiée, il y a 2 options.

 

Deux catégories de peur : celles qui ne correspondent plus à une réalité et celles encore d’actualité.

 

1-Les peurs n’ayant plus de raison d’exister mais qui sont réactivées par des situations rappelant celles du passé (et elles sont majoritaires) : la déprogrammation de la réaction est immédiate.

 

2- les peurs toujours d’actualité (minoritaires):  il faut alors retourner voir ce qui se cache derrière le malaise persistant. Une nouvelle introspection est indispensable sinon c’est le contournement ou l’aménagement tant bien que mal d’une situation désagréable.

 

Une peur identifiée est toujours impliquée dans de nombreuses autres situations. Parfois une seule peur peut concerner presque tous les aspects de la vie.

 

Mais, Faut-il désamorcer toutes les peurs ?

 

Nous avons tout à gagner à aborder le maximum de situations en état de confiance. Confiance en soi qui nous facilite la vie avec soi-même et avec les autres.

 

Luc Nicon avoue être à chaque fois stupéfait par l’efficacité des résultats et l’apaisement apporté à la personne qui vient d’identifier sa peur.

 


Pour aller plus loin on peu consulter une ou plusieurs des conférences et entretiends de Lic Nicon disponibles sur Youtube


 



[1] Luc Nicon est né en 1954. Il est conseil en pédagogie, chercheur et écrivain. Depuis 25 ans, il s’est spécialisé dans la recherche sur l’utilisation pratique de la mémoire inconsciente, notamment dans les processus d’apprentissages. Mais le grand public l’a découvert à travers la publication de ses livres "Tipi" et "Revivre sensoriellement" sur ses découvertes novatrices sur notre fonctionnement émotionnel. « Comprendre ses émotions » est initialementy paru en 2003. Il a également publié Tipi en 2007 et revivre sensoriellement en 2013. (d’après WikiMonde)

 

05 avril 2021

48.'De la démocratie en pandémie' - Barbara Stiegler

 

« De la Démocratie en Pandémie »

 


Par Barbara STIEGLER

 

Tracts Gallimard N° 23

 

 

 

Avant-lire

 

De passage à la FNAC de Capvern (65), un titre a attiré mon attention, celui du N°23 de la collection Tracts Galimard[1] : « De la Democratie en Pandémie ». L’auteur, Barbara Stiegler[2], y cite Richard Horton[3] rédacteur en chef de la revue The Lancet[4] et y développe son analyse de la situation politique actuelle. Elle y parle aussi de santé, de recherche et d’éducation.

 

Le titre « De la Démocratie en Pandémie », est particulièrement bien choisi car depuis plus d’un an nous ne sommes plus en démocratie et nous entendons si peu de voix d’homme politique, de parti, de député ou sénateur pour s’en inquiéter.

 


Barbara Stiegler est pat ailleurs, à ma connaissance, la première personne à faire remarquer qu’en pleine urgence sanitaire décrétée, le gouvernement appelle à d’immenses rassemblement suite à la décapitation de l’enseignant de Conflans-Ste-Honorine[5] : 10.000 personnes peuvent alors s’amasser pour rendre un hommage (par ailleurs sans doute nécessaire et utile) mais, en revanche, nous n’avons pas le droit de nous rassembler à plus de 6 sous prétexte de virus. C’est un virus malin qui sait reconnaître les causes de rassemblement autorisées ou non par le gouvernement.

 

En plus des prophètes à la « Bill Gates » qui prédit les pandémies depuis des années, nous avons aussi un Macron qui « murmure à l’oreille des virus ».

 

Un virus inédit ‘nous a tuer’ la démocratie mais a révélé les nouveaux grands prêtres, maîtres de cérémonies mortuaires et guides de foules atterrées, non pas avec une flûte, comme dans le conte du ‘Joueur de flûte de Hamelin’, mais avec les rengaines de sirènes, téléportées, comme dans l’Iliade et l’Odyssée. Nous vivons vraiment une époque formidable !

 

 

«Plongés dans ce continent mental de la pandémie, qui entrave la critique et qui tue le réveil des aspirations démocratiques, nos esprits sont comme occupés

 

Voici quelques points essentiels relevés dans ce tract :

 

►«Covid-19 is not a pandemic» : « Ceci n’est pas une pandémie », et ce n’est pas un « rassuriste» qui le dit mais le rédacteur en chef de l’une des plus prestigieuses revues internationales de médecine, Richard Horton, dans The Lancet, vol. 396, 10255, p.874, septembre 2020.

 

Les inégalités sociales et la crise écologique qui augmentent les maladies chroniques, auxquels s’ajoute le démantèlement des systèmes de santé, nous amènent plutôt à une «syndémie» selon R.Horton. The Lancet cible l’ultralibéralisme : « Si nous ne changeons pas de modèle économique, social et politique, si nous continuons à traiter le virus comme un événement biologique dont il faudrait se borner à bloquer la circulation, les accidents sanitaires ne vont pas cesser de se multiplier

 

The Lancet invalide la stratégie de « blocage » visant la population par une politique répressive inédite, tout en continuant à désarmer le système sanitaire et à abandonner les déserts médicaux ruraux et urbains dans lesquels se concentrent les populations qui affluent aux urgences.

 

La fragilisation par les atteintes à l’environnement, l’industrialisation des élevages, l’accélération des échanges mondiaux et la dégradation de la santé des populations des pays industrialisés produit toutes les conditions pour que des « maladies émergentes » d’origine animale se reproduisent régulièrement.

 

Les gouvernants ont fait le choix de réprimer et d’ignorer délibérément les causes environnementales, la prévention et l’éducation, avec le soutien trouble d’experts, de conseillers scientifiques appointés par des laboratoires pharmaceutiques.

 

Au lieu de favoriser la libre circulation du savoir,  les gouvernants ont édifié un monde binaire, simpliste, opposant des « populistes » ou « complotistes », accusés de nier les virus ; et les « progressistes » du « quoi qu’il en coûte » de la vie et de la santé. Les nuances et les critiques des mesures prises sont interdites et avec l’extinction de la discussion critique se sont éteintes les voix plurielles du monde savant.

 

Ce virus ne peut avoir de conséquences graves que sur des organismes déjà très affaiblis, dans l’immense majorité des cas, et n’est pas un mal qui frapperait tout le monde partout et n’importe quand.

 

The Lancet précise encore : « La ‘science’ qui a guidé les gouvernements a été conduite par des modélisateurs et des spécialistes de maladies infectieuses qui ont envisagé l’urgence sanitaire dans les termes séculaires de la peste

 

Cette épidémie a pris un tour extraordinaire moins par le virus que par les circonstances sociales et politiques et en particulier par les confinements qui ont aggravé les inégalités sociales,  par le délabrement du système de santé et l’abandon d’une grande partie des patients.

 

The Lancet souligne, en fait, le sous-développement de presque tous les systèmes de santé dans des pays économiquement développés. L’innovation s’est imposée au détriment des soins de base, indispensables mais méprisés par les gestionnaires des hôpitaux.

 

► «Au lieu d’enfermer l’ensemble de la population... une politique  (d’investissement dans un système sanitaire et social) aurait permis de soutenir  plus que jamais toutes les activités vitales de la population : travail, éducation, recherche, culture, vie sociale et politique en général sans laquelle toute organisation sociale ne peut que s’autodétruire à plus ou moins long terme

 

Maintenant, à l’opposé de ce qui aurait été salutaire, « le consentement éclairé du patient, hérité du Code de Nuremberg, le respect de l’autonomie et la construction d’une démocratie sanitaire, conquises grâce à la crise du VIH, apparaissent brutalement obsolètes et hors de propos... pendant ce régime d’exception» dont on ne sait pas quand il va s’arrêter et dans lequel il n’est pas permis ‘d’oser savoir’» (Kant), « c’est-à-dire de faire valoir l’autonomie de notre raison face à toute règle.»

 

La démocratie elle-même est mise en accusation : « La démocratie est un inconvénient » déclare, sur une radio publique,  le président de la Ligue contre le cancer, approuvé par le journaliste du service public.

 

«...en Pandémie, la démocratie est désormais disqualifiée comme une survivance dangereuse à laquelle il faudrait renoncer. Devant ce qu’ils appellent ‘explosion des contaminations’, et qu’ils devraient appeler ‘augmentation normale et prévisibles des porteurs sains’ (inévitable où circule un virus), nous n’aurions plus le temps de débattre ni de délibérer…. Le droit de contester...et de s’interroger...le droit d’aller et venir à sa guise..., celui de manifester son opinion dans la rue, tous les droits imprescriptibles sont désormais devenus des ‘inconvénients’, à la limite de la légalité et  se trouvent suspendus.  Sauf si c’est pour soutenir une cause adoubée par le pouvoir. Alors que l’état d’urgence vient d’être à nouveau décrétée... le gouvernement, dès le lendemain, suite à la décapitation d’un enseignant...appelle à ...manifester en masse contre le ‘séparatisme islamiste’ aux côtés des membres du gouvernement...» tous exemptés de gestes barrières et de distanciation…

 

Ce qui est interdit contre les réformes du gouvernement au nom du virus devient permis quand c’est le pouvoir exécutif qui décide des rassemblements.

 

«Alors surgit un soupçon : croient-ils vraiment eux-mêmes à l’infaillibilité de la doctrine qu’ils exposent sans relâche ex cathedra sur les plateaux télé ? Si l’on peut s’amasser à 10.000 sur les places publiques, pourquoi n’a-t-on pas le droit de s’asseoir à plus de 6 dans les parcs ? Quel est le statut juridique de cette exception au régime d’exception ? Et comment l’émotion collective peut-elle si facilement balayer la cohérence de notre Etat de droit ? »

 

« Ce monde de la Pandémie, où le pouvoir élimine la démocratie en soumettant la ‘science’ à son propre agenda...» c’est déjà le ‘monde d’après’, « un monde désinfecté mais pollué, c’est le monde d’avant mais en pire... En plus eugénique. Exsangue... Une humanité... silencieuse, censurée d’émotions, centrée sur l’amnésie du leader. Son dogme... Elevée dans la haine de la dissonance. Et l‘amour de la Javel» (A. Labruffe, Un hiver à Wuhan)

 

►La conviction qui anime B.Stiegler dans cet article Tract Gallimard 23 et ses exhortations :  « plutôt que de se taire par peur d’ajouter à la confusion, le devoir des milieux universitaires et académiques est de rendre à nouveau possible la discussion scientifique et de la publier dans l’espace publique, seule voie pour retisser un lien de confiance entre le savoir et les citoyens , lui-même indispensable à la survie de nos démocraties. Le sort de la démocratie dépendra largement des forces de résistance du monde savant et de sa capacité à se faire entendre dans les débats politiques cruciaux ...dans les mois et les années qui viennent, autour de la santé et de l’avenir du vivant. »

 

« Il nous reste 2 armes : la diffusion de l’éducation et le rappel du droit, celles qui furent, justement, les bras armés de notre République. »

 

►Il faut « briser la loi du silence qui s’est imposée dans nos milieux et dans les médias ».

Il faut « réinventer... le sens de la grève, de la manifestation et de la mobilisation générale en les libérant des limitations sectorielles et à courte vue dans lesquelles ils se sont trop souvent enfermés. »

 

Il faut déboulonner cette « gérontocratie au pouvoir », « ce gouvernement sclérosé, engoncé dans ses vieilles manières de penser. »

 

► «Nous pouvons ...tenter de nous unir... pour constituer des réseaux de résistance capables de réinventer la mobilisation, la grève et le sabotage, en même temps que le forum, l’amphithéâtre et l’agora. En s’y mettant à plusieurs, ici et maintenant, en ouvrant en grand nos institutions à tous les citoyens qui, comme nous, sont convaincus que le savoir ne se capitalise pas, mais qu’il s’élabore ensemble et dans la confrontation conflictuelle des points de vue. »

 

Ainsi « nous pourrions contribuer à faire de cette ‘pandémie‘ et aussi de la santé et de l’avenir de la vie, non pas ce qui suspend, mais ce qui appelle la démocratie. »

 

Barbara Stiegler, le 14 Décembre 2020

Professeur de philosophie politique à l’Université Bordeaux Montaigne

 

 

 

 



[1] Le premier titre de cette collection commenté se trouve dans le blog, 'Pandémie et psychose collective' (article n° 1 du blog) :  (« Quand la psychose fait dérailler le monde par Renaud Girard et Jean-Loup Bonnamy », Tracts n° 21,   Un tract particulièrement percutant.

[2] Barbara Stiegler, philosophe, est né en 1971 ; elle est professeur de philosophie à l’université Bordeaux-Montaigne et travaille en collaboration avec les milieux de la santé ; elle est membre du Collège universitaire de France. (Wikipédia)

[3] Richard Horton, rédacteur en chef du « Lancet » : « Le Covid-19 montre une faillite catastrophique des gouvernements occidentaux ». Dans un livre publié au Royaume-Uni, le rédacteur en chef de la revue médicale dénonce l’impéritie de nombreux pays face à la menace pourtant annoncée de la pandémie. Il revient sur la rétractation récente d’une étude publiée dans ses colonnes. (d'après Le Monde)

[4] The Lancet est une revue scientifique médicale hebdomadaire britannique propriété du groupe d’édition scientifique Elsevier. The Lancet a été créé en 1823. Le 22 mai 2020, dans le contexte de la pandémie du COVID-19, des chercheurs publient dans la revue une fausse étude intitulée : « Hydroxychloroquine or chloroquine with or without a macrolide for treatment of COVID-19: a multinational registry analysis », condamnant l’utilisation de ce traitement défendu par le Pr. Raoult. Cette publication a été corrigée, mais, très curieusement,  le traitement à l’hydroxychloroquine, comme d’autres, a été interdit.   (d’après Wikipédia)

[5] Appelé l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine, un enseignant (M. Samuel Paty) qui avait montré les caricatures de Mahomet dans sa classe d’Histoire a été décapité le 16 octobre 2021.

156. "Une théorie de la connaissance chez Goethe - Rudolf Steiner

  A propos de « Une Théorie de la Connaissance chez Goethe » de Rudolf Steiner   aux Editions Anthroposophiques Romandes, édit...